Loi El khomri, mélodies en sous-sol


arm wrestling between business boss white collar versus worker

Ce n’était pourtant pas un temps à mettre les syndicats dans la rue.

Comme il arrive en France tous les cinq ou dix ans, un projet de réforme gouvernemental suscite des mouvements sociaux spectaculaires, ainsi qu’une controverse aux accents de guerre civile. Le projet de Loi-Travail qui agite aujourd’hui l’opinion pourrait à bon droit passer pour un cas d’école sur la manière très particulière dont les Français réfléchissent collectivement aux transformations qu’ils conduisent dans leurs relations sociales.

Une opinion apparemment contradictoire

A première vue, l’opposition de l’opinion à la loi dans son ensemble ne fait guère de doute. Plusieurs sondages indiquent en effet une forte hostilité (environ deux Français sur trois) au projet de loi. En mars dernier, 70% se déclaraient ainsi « plutôt opposé à la loi El Khomri » (Odoxa, le 05/03/2016) ; dans une enquête plus récente, une proportion analogue (68%) souhaitait également que « le gouvernement revienne sur la Loi-Travail » (BVA, le 15/05/2016).

Si l’on observe, en revanche, l’opinion des Français à l’égard de chacune des principales mesures de la loi, on découvre une réalité beaucoup plus nuancée. Interrogés sur la création du compte personnel d’activité (CPA), qui garantirait aux salariés tout au long de leur parcours professionnel, la conservation de leurs droits à la formation ainsi que la reconnaissance de la pénibilité du travail effectué, les Français font à cette mesure un véritable plébiscite puisqu’ils sont près de 9 sur 10 ( 87 %) à l’approuver (Scan-research/le Terrain, le 05/03/2016).

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La proposition de faciliter le recours au référendum d’entreprise fait également l’objet d’un consensus largement favorable puisqu’elle est approuvée par plus de deux Français sur trois (Odoxa, 07/03/ 2016).

Enfin, la proposition d’ « inversion des normes » tant critiquée par les opposants au projet, et dont le principe est de renvoyer la négociation sur l’organisation et le temps de travail à l’échelon de l’entreprise (et non plus, comme c’est aujourd’hui le cas à celui de la branche), fait l’objet d’une appréciation beaucoup plus balancée que ce que pourrait laisser supposer l’ampleur des cortèges, et la véhémence du ton employé par ceux qui s’y opposent. (49% – Odoxa, le 05/03/2016).

Un chiffre que confirme notre étude sur l’échelon pertinent pour négocier la durée du travail. Près de deux Français sur trois, pensent que cette négociation doit se dérouler au niveau local de l’entreprise, soit de manière individuelle (34,5%), soit de manière collective (27 %). La négociation au niveau de la branche n’obtient, quant à elle, le soutien que d’une minorité de Français (16,3%) (Scan-research-le Terrain,  le 05/03/2016).

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Notons, au passage, la relative inconséquence de ces opposants au projet de loi qui prêchent, place de la République, l’auto-organisation à la base « là où les gens vivent et travaillent », mais qui n’ont de cesse de défendre le cadre centralisé de la loi, quand il leur est proposé de promouvoir des formes d’organisation plus autonomes et adaptées aux situations particulières dans le monde du travail.

 Tel est donc le portrait un peu bizarre d’une opinion qui rejette dans son ensemble un projet de loi dont elle apprécie dans le détail les principales mesures quand elle ne les plébiscite pas.

Ni blocage, ni 49.3 ! Un vrai débat politique.

La première raison à cette étrangeté tient à la forme de la controverse plutôt qu’à son fond. « Faut-il retirer ou amender le projet ? » demande-t-on à l’opinion. Une importante minorité (48%) souhaite un retrait pur et simple mais une courte majorité (51%), souhaite son maintien avec (38%) ou sans modifications (13 %) (cf Elabe le 4/5/2016, ou Ifop le 28/05/2016). Les Français souhaiteraient donc plutôt qu’on débatte.

La contradiction entre le rejet général de la loi et l’approbation de ses principales mesures fait ainsi écho à une autre contradiction entre d’une part l’attente, sinon le souhait, d’un débat par l’opinion et l’affrontement dans lequel sont engagés ses représentants : le gouvernement, la CGT et FO.

Au delà de la loi-Travail

Ce qui suscite en réalité l’intensité de l’affrontement autour de la loi El Khomri, c’est qu’il est le lieu, pour chacun de ses principaux acteurs, d’enjeux qui le dépassent.

Une des inspirations principales du projet de loi est la prise en compte de la nécessité de laisser aux entreprises, et au monde du travail en général, suffisamment de liberté pour pourvoir s’adapter en permanence à des conditions de marché et de concurrence en perpétuelle évolution. Une telle flexibilité ne peut s’obtenir que si les acteurs économiques et sociaux disposent d’assez d’autonomie pour être suffisamment réactifs.

Du point de vue de l’action syndicale, cela signifie que le temps des grands accords et des grandes réglementations est en train de passer. La tâche qui est désormais la leur est de réinventer un mode d’action qui leur permette d’accompagner les salariés dans leurs négociations autour des organisations variables des entreprises.
Pour des syndicats dont toute la culture s’est construite à partir du modèle qui a longtemps prévalu en France de la grande entreprise nationale, c’est là une crise d’identité majeure.

Un Bad Godesberg dans la rue

Pour les socialistes, l’enjeu n’est pas moindre.

Depuis plus de trente ans (le « tournant de la rigueur » du gouvernement Mitterrand-Mauroy en 1983), le parti socialiste vit dans une schizophrénie qui lui fait dire une chose quand il est dans l’opposition pour en faire une autre quand il revient aux affaires. Le gouvernement de François Hollande n’a pas dérogé à cette règle.

Les socialistes allemands avaient réglé ce problème depuis longtemps, en 1959, quand à Bad-Godesberg, ils avaient clairement rompu avec le marxisme, et reconnu le marché comme une forme légitime d’organisation de l’économie. Tiraillé entre ses divers courants et un espace politique à gauche occupé par une frange non négligeable de l’opinion, le parti socialiste, par crainte de l’éclatement, n’a jamais pu ou voulu accorder clairement son discours à ses actes et assumer cette rupture. Au mieux s’est-il contenté de la monnayer à petite dose pour éviter de froisser son aile gauche. Avec la loi-travail, il semble qu’on soit arrivé au bout de cet exercice.

Si l’on observe les grands clivages de l’opinion à propos de la loi El Khomri, on constate en effet que la ligne de front entre les opposants et les soutiens à la réforme passe moins entre la droite et la gauche qu’au sein même de ce qui n’est probablement plus la famille socialiste : entre les courants sociaux-démocrates d’une part et de l’autre, la gauche du PS, rejointe par le Front de gauche, le parti communiste, et les vestiges de l’extrême gauche. En adoptant une position de fermeté dans cette crise, François Hollande semble avoir saisi l’occasion de la loi El Khomri pour en faire son Bad Godesberg à la française, et clarifier enfin le discours et le positionnement du socialisme de gouvernement.

Si l’opération échoue, on pourra regretter que l’occasion ait été mal choisie –les congrès sont faits pour cela – et au delà que la réforme du code du travail fut la victime collatérale de la manœuvre.

Une opinion au bord de la crise de nerfs ?


26047512_mUne opinion au bord de la crise de nerfs ?

Le Petit Journal de Canal Plus diffusait récemment un montage de déclarations de personnalités politiques qui, de Jean Luc Mélenchon à Marine le Pen, en passant par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, reprenaient toutes la même antienne : « les Français n’en peuvent plus ».

Nos hommes et femmes politiques, qui ne cessent de s’opposer par ailleurs dans le débat sur la « bonne politique », sont donc au moins d’accord sur un point : le corps politique des Français est au bord de la crise de nerf, à un cheveu de basculer dans le précipice révolutionnaire, ses troubles et ses désordres.

Une erreur sur l’état de l’opinion

Ce lieu véritablement commun de la rhétorique politique est tout d’abord une erreur : il n’est pas vrai que les Français sont à bout. L’examen des faits suggère plutôt l’inverse : face à une actualité qui ne les a guère épargnés au cours des derniers mois, les Français affichent un flegme que devraient nous envier nos voisins britanniques. Alors que l’écho des attentats de novembre n’a pas fini de résonner au sein de l’opinion, que la reprise de l’économie et la baisse du chômage restent largement incertaines, pendant que des pans entier du système de protection social (retraite, code du travail) sont en pleine restructuration, les Français affichent un niveau d’inquiétude qui reste très modéré. Le Baromètre des peurs des Français de Scan-research/le Terrain, indique ainsi que le niveau de peur des Français reste à un niveau modéré : 6,17 en moyenne sur un échelle et de 10 , et n’a que peu augmenté au cours des 6 derniers mois.

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Un résultat qui s’inscrit dans la lignée de nombreuses études sur le moral des Français qui dressent un portrait d’une opinion heureuse sans excès, en tous cas très éloignée de l’état de crise évoqué par les politiques [Le bonheur des français au 1er semestre 2016
Classement du bonheur des français.Worldhappiness report 2016]

Quand les Français manifestent de l’inquiétude, elle concerne des menaces telles que celles qui pèsent sur l’environnement qui échappent pour une large part à l’action des politiques et sur lesquelles ils s’affrontent assez peu [cf le Baromètre des peurs des Français – Scan-research/le Terrain]. Inversement des menaces telles que le chômage, ou la baisse de revenus, même si elles sont prises très au sérieux par les Français ne suscitent ni panique ni exaspération de leur part. Malgré toutes ses imperfections, les Français conservent leur confiance dans le système de protection sociale dont ils disposent.

Pourquoi les politiques se trompent

Une première cause de cette erreur sur l’exaspération supposée des Français tient aux conditions mêmes du débat public. Le resserrement de l’éventail des options possibles en matière de politique publique tend à réduire mécaniquement les différences entre les programmes et ceux qui les portent. Sur un tel marché encombré d’offres substituables, pour éviter leur banalisation, les acteurs politiques sont portés à accentuer leurs différences et à en exagérer les enjeux. En entretenant l’idée que « les Français n’en peuvent plus », on transforme la moindre décision politique qui permettrait de relâcher cette tension supposée insoutenable en un exploit homérique. Plus la réalité de l’affrontement s’éloigne en politique, et plus il semble nécessaire d’en exagérer le spectacle.

La seconde raison pour laquelle les politiques se trompent sur l’état réel de l’opinion est le bénéfice qu’ils en tirent. L’hystérisation de l’opinion a en effet pour corolaire l’héroïsation de l’action politique. S’il est vrai que « les Français n’en peuvent plus », la conséquence en est que des héros sont nécessaires pour les tirer d’un si mauvais pas. Sauver une nation d’un gouffre où elle s’apprête à tomber, vous met plus facilement dans la position de Saint Georges terrassant le dragon, qu’un compromis technique sur une mesure fiscale. Cette présentation de l’homme politique comme héros de l’action publique s’inscrit dans notre tradition politique qui en renforce la légitimité. Tout républicains que nous sommes, nous aimons bien les sauveurs. On retrouve ce goût des hommes providentiels jusque dans nos institutions les plus importantes comme l’élection du Président de la République, que de Gaulle définissait comme la « rencontre entre un homme et un peuple ».

De l’erreur sociologique à la faute politique

S’adresser à l’opinion comme si elle était beaucoup plus exaspérée qu’elle ne l’est en réalité, est non seulement une erreur, c’est également une faute. Elle témoigne non seulement d’une relative déconnexion du personnel politique d’avec l’opinion, mais, ce qui est plus grave, elle tend à l’accroître.

A entretenir l’idée que le pays est au bord de la rupture et qu’il faut tout reprendre à zéro, car « les Français n’en peuvent plus », on tend à discréditer la délibération et la  négociation en tant que procédures légitimes de la politique pour en faire autant de trahisons déshonorantes, et de formes d’oubli de l’intérêt général. Tout compromis devient une compromission. Ce qu’on abime ainsi, sans y prêter attention, c’est l’idée même de débat démocratique que l’on vide de sa substance.

De nombreux travaux montrent qu’au contraire le citoyen et l’électeur, se déterminent de plus en plus par rapport à une offre programmatique, plutôt que par une adhésion globale à un courant d’idées, voire pire, à une personne. Les orientations politiques des Français sont de moins en moins structurées par des affrontements idéologiques. L’opinion démocratique  est aujourd’hui plus libre de ses choix et plus ouverte à la discussion.

C’est précisément à cette demande raisonnable de politique, à laquelle on ne répond pas quand on dramatise à l’excès le ton du débat public. Au contraire, on s’expose nécessairement à décevoir quand, après avoir promis des lendemains qui chantent, on se confronte aux nécessités de la gestion des affaires. Au passage on aura contribué un peu plus au discrédit de la parole politique et renforcé ceux qui vivent de ce discrédit.

Gilles Achache.
Président de Scan-Research.

Mettre un stop à la paupérisation des études


Market Research News : l’actualité et le guide des études marketing la vie du conseil et des études marketing

 Pour Mustapha Smail (Le Terrain), la représentativité des études doit être prise pour ce qu’elle est : non pas une fin en soi, mais une exigence devant répondre à des besoins précis. C’est aussi une promesse faite par des professionnels, et qui ne peut être tenue qu’en respectant des méthodologies d’études précises, rigoureusement conçues et mises en œuvre. Elle ne doit donc pas être faite à la légère, faute de quoi le risque serait de contribuer à entretenir la spirale d’une paupérisation des études, hélas, déjà bien engagée.    

MRNews : Les pratiques d’études ont fortement évolué depuis une dizaine d’années, et ces évolutions suscitent beaucoup de questions sur cet enjeu de représentativité. Beaucoup d’avis s’opposent, mais un des points de convergence est la nécessité de repenser cette notion, de la réactualiser en somme. Qu’en pensez-vous ?

Mustapha Smail : Je ne partage pas nécessairement l’idée qu’il faille repenser la notion de représentativité, dont les règles scientifiques sont bien établies et relativement intangibles… Mais je ressens la nécessité en préambule de poser une première conviction. Il me semble important de souligner que la représentativité des échantillons d’études n’est pas une fin en soi. Il ne s’agit au fond de rien d’autre que d’un outil, que l’on met au service d’un besoin et donc d’une demande. Il n’y a donc aucune contre-indication, de mon point de vue, à mettre en œuvre des études bâties sur d’autres logiques. Nous réalisons aussi ce type d’études lorsqu’il s’agit par exemple de tester un produit ou un concept.

Beaucoup d’études sont présentées comme étant « représentatives », en particulier de la population française, alors qu’elles ne le sont pas ?

Lorsque la promesse de représentativité est formulée, il est sain qu’elle soit respectée. Il est évident que la promesse est trop souvent faite à la légère et quelquefois on se demande quels ont été les critères pris en compte pour garantir la représentativité de l’échantillon.

Beaucoup d’études sont présentées comme étant représentatives de la population française. Alors qu’il est parfois flagrant que cette représentativité ne peut pas être rigoureusement garantie compte tenu des méthodes utilisées. Quand je vois certains acteurs proposer pour 180€ des études portant sur un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population française. Il est probable qu’il y a un malentendu sur la notion de représentativité, pour dire les choses gentiment ! 

Une des pratiques d’études qui soulèvent le plus de questions sur ces enjeux de représentativité est l’usage d’internet et tout particulièrement des Access panels on-line. Pensez-vous qu’il soit possible de garantir une représentativité correcte via ces outils ?

Posons un préalable : la représentativité se définit non pas dans l’absolu, mais en rapport à une population de référence. Un échantillon est donc représentatif si je peux extrapoler les résultats que j’obtiens auprès de lui à une population de référence, en ayant une vision objective de la précision de cette extrapolation.

Il me semble qu’il ne faut pas mélanger les modes de recueil (face à face, téléphone, internet, sms) et l’usage dans les enquêtes « des panels » et plus précisément des Access qui existaient bien avant l’arrivée d’Internet (les premiers ayant été créés dans les années 30).

Votre question porte plutôt sur l’outil « Access Panel » et la manière dont ils sont constitués et cette question importante, les Access panel permettent-ils d’obtenir des échantillons représentatifs de la population française ? 

Ces limites tiennent-elles à la mécanique de la panélisation ?

Oui, c’est une question. Le fait de s’inscrire pour répondre régulièrement à des enquêtes via internet est-il neutre ou pas quant à des modes de consommation ou à certaines visions des choses, comparativement à la globalité de la population française ? On se posait la même question dans le recrutement des consommateurs pour les groupes qualitatifs. Personnellement, je ne le sais pas, et je m’interroge sur les biais liés à ces comportements. 

Cela est-il lié à cette forme d’auto-sélection induite par les Access panels ?

Oui, l’auto sélection, l’absence de couverture d’une partie des internautes, … au moins en partie. La notion de représentativité suppose la mise en œuvre de techniques d’échantillonnage. Sur le plan pratique, les méthodes d’échantillonnage supposent d’une certaine façon de mettre les répondants potentiels dans un panier, un fichier en somme, et de sélectionner dans le fichier les individus  pour les interroger, soit en se fiant au principe de l’aléa pur, soit en utilisant des quotas qui correspondent à la description de la population de référence, lorsque les informations sont disponibles.

Lorsque l’on utilise un Access Panel bien souvent ce sont les individus qui décident de faire partie du panier ! Le risque est donc d’avoir affaire à des personnes qui répondent à un grand nombre d’enquêtes, avec des motivations particulières et donc un profil psychologique que l’on ne peut pas préjuger identique à celui du français moyen, y compris lorsque les caractéristiques socio-démographiques sont équivalentes. Il y a un risque dans ce cas de professionnalisation des panélistes.

Lorsque le recueil se fait par téléphone, les individus peuvent accepter ou pas de répondre. Est-ce que ce n’est pas une forme d’auto-sélection ?

Le téléphone n’est qu’un outil de recueil, il est possible de faire des enquêtes par téléphone auprès de consommateurs inscrits dans un panel ou un Access Panel. La question c’est donc plutôt : Panel ou pas Panel. !

Par téléphone, lorsque nous sélectionnons au hasard des individus, il faut intégrer bien sûr le fait qu’il y ait un certain taux de refus. De nombreux travaux ont évalué ce biais et il existe des solutions. Mais la situation avec les Access Panels est très différente. Lorsqu’on vise à représenter des populations larges – comme la population française par exemple – il est parfaitement possible de constituer une base de sondages, selon des conditions parfaitement maitrisées. C’est comme si l’on mettait dans un grand panier l’ensemble des numéros de téléphone existant. Malheureusement, on ne peut pas appliquer ce principe aux adresses mails, c’est irréalisable en pratique.

Lorsqu’il s’agit de représenter une cible plus fine, les clients d’une entreprise donnée, il peut être tentant de solliciter le fichier via des emails, mais on se trouve là en butte à une autre limite qui est le taux de réponse, et les blocages techniques ( les antispams, les adblock, …). En général, cela tourne dans la majorité des cas, autour de 1% à 3%, ce qui est complètement insuffisant pour constituer une bonne base de travail.

Le téléphone est-il le medium le plus pertinent pour assurer la représentativité des échantillons ?

Sur le plan théorique si l’on veut être représentatif de la population française, je serais tenté de dire que presque tous les modes de recueil sont envisageables. Mais en pratique, oui, le téléphone offre le plus souvent les meilleures options avec le moins de biais méthodologiques. La joignabilité des individus se situe à des niveaux élevés grâce à la diffusion du téléphone mobile (près de 90% de pénétration) ; il n’a même jamais été aussi facile qu’aujourd’hui de joindre des personnes par téléphone.

On peut interroger les ménages via les téléphones fixes, ou les individus via les téléphones mobiles. Ou bien en combinant fixe et mobile, ce qui est une technique que nous maitrisons parfaitement. Le seul petit souci provient du multi-équipement, mais il s’agit d’un phénomène assez marginal et il existe des moyens pour mesurer ce biais.

Par ailleurs, le téléphone présente un autre avantage du point de vue de l’interrogation des individus : l’assistance d’un(e) enquêtrice (teur), et la communication orale est celle qui permet de s’assurer de la bonne compréhension des questions. Tout cela va dans le sens d’une meilleure maitrise des conditions d’enquête, qui est une des exigences majeures de fiabilité.

Vous utilisez différents moyens de recueil : le téléphone, le on-line, mais aussi le SMS. Qu’en est-il de ce dernier medium sur ces enjeux de représentativité ?

Il s’agit d’un mode de recueil assez particulier, qui présente à la fois des gros avantages et des limites. Il faut à mon sens plus le considérer comme un outil complémentaire dans l’arsenal des moyens susceptibles d’être mis en œuvre pour répondre aux besoins de nos clients. Ce mode de recueil est intéressant pour étudier un groupe d’individus, et disposer d’éléments de compréhension de certains comportements, le plus souvent en complément d’autres sources d’information. On ne se situe pas du tout dans le cadre d’une étude représentative de la population française par exemple, pour disposer d’un cadrage sur un marché ou une problématique.

Dans l’exemple que vous évoquiez précédemment quant à la proposition d’un acteur, vous avez fait mention de la durée du recueil. La représentativité est-elle conciliable avec des durées de terrain très courtes, d’une journée par exemple ?

Sauf cas très particulier, on ne peut pas garantir une représentativité correcte des échantillons avec de telles durées. Plus on intègre des contraintes, plus on s’écarte de l’échantillon idéal. Mais on peut aussi regarder les choses sous un autre angle : la perfection absolue n’est jamais atteignable, et elle a un coût. La question à se poser est donc celle des bons compromis à effectuer. Je pense que ceux-ci ne peuvent être établis qu’en examinant d’assez près les enjeux. A quoi va servir l’étude ? Quelle est l’importance des décisions susceptibles d’être prises sur la base de celle-ci ?

Faire une étude est avant tout un investissement, il faut donc à mon sens sélectionner la méthodologie et les moyens en fonction des bénéfices qu’ils peuvent apporter. Lorsque les enjeux sont importants, il me parait suicidaire de ne pas se préoccuper de la solidité de l’échantillon et de la robustesse des résultats, et le cas échéant de la représentativité de l’échantillon investigué.

Une dernière question enfin : êtes-vous inquiet sur la façon dont évoluent les pratiques d’études, et en particulier sur la question de la rigueur avec laquelle celles-ci sont mises en œuvre ?

Oui. Je ne vais pas le cacher. Je pense que l’on assiste à une forme de paupérisation des études. Plus les choses avancent, moins on se préoccupe des aspects scientifiques et on  valorise de moins en moins, le temps de la recherche, de la réflexion, de l’analyse. Dans une certaine mesure, il est normal qu’il y ait un phénomène de baisse des prix des études, en intégrant les gains de productivité réalisés dans notre secteur. Le problème est que nous semblons nous engager dans une spirale qui pourrait conduire à une dégradation de la valeur même de ce qui est produit.

La faute, s’il y en a une, ne revient pas aux acheteurs d’études, mais à ceux qui vendent ces études. Le risque, me semble-t-il, est que le produit « étude » soit d’une qualité telle qu’il ne permette plus aux entreprises de disposer de cet outil d’aide à la décision pour avancer dans leur réflexion ou pour prendre des décisions ; et qu’il perde ainsi toute sa valeur. J’espère bien sûr que l’on puisse enrayer cette spirale, mais ce n’est pas un combat gagné d’avance !

Nuit Debout, bonne ou mauvaise réponse


tE388PPSNuit Debout fait régulièrement l’objet de deux observations contradictoires : ceux qui ont de la sympathie pour le mouvement ne cessent de répéter que « là-bas, il se passe quelque chose », ceux qui en ont moins constatent que le message tant attendu tarde à se faire entendre, voire qu’il n’y a là qu’un rassemblement de «gens qui n’ont rien dans le cerveau». Une tierce attitude est de se demander si le véritable intérêt de Nuit Debout, n’est pas dans ce qu’elle dit mais dans ce qu’elle est et sa manière de l’être.

  • Se passer de la représentation

On aura bien compris que la protestation contre la loi El Khomry ne fut qu’une occasion pour Nuit Debout. On en parle peu place de la République.

Le sujet principal de Nuit Debout c’est d’abord elle-même : son organisation, son fonctionnement, ses principes. Nulle trace de narcissisme là dedans, mais la conséquence d’une vaste ambition : inaugurer une nouvelle manière de faire de politique en dépassant le cadre réputé obsolète de la démocratie représentative et des partis politiques.

S’il est un principe qui fait consensus à Nuit Debout c’est que le mouvement n’a pas et ne peut pas avoir de représentant. Son corollaire est un respect absolu de la souveraineté des individus (à la possible exception des académiciens). Rien ne saurait justifier que les individus aliènent leur pouvoir de décision pour le déléguer à des représentants ou des institutions. Toute l’organisation relativement complexe de Nuit Debout, avec ses commissions, son AG, ses groupes de discussions, doit pouvoir fonctionner sans hiérarchie, avec le minimum de délégation de pouvoir ; chacun s’autorise de lui-même et n’a d’autre légitimité que d’être là, ici et maintenant, avec les autres. Quand la coordination des différentes commissions l’exige, on rappellera avec insistance que les délégués ne disposent que d’un mandat impératif et qu’ils sont révocables à chaque instant.

Les oreilles aguerries entendront ici les échos de la vieille tradition anarcho-conseilliste, et en concluront que décidément il n’y a rien nouveau sous le soleil.

Ce n’est pas exact. Nuit Debout est éminemment la fille de son époque, notamment dans ses naïvetés et ses contradictions. C’est pourquoi il convient de l’écouter.

Son refus de la représentation l’inscrit parmi les phénomènes de désinvestissement ou de rejet des formes actuelles de la vie politique. Elle en est la version gauchiste aux côtés d’autres manifestations comme la montée de l’abstention, la résurgence de sentiments communautaires d’inspiration religieuse ou ethnique, voire la montée du vote Front National.

Ce discrédit de la représentation politique est une des choses les mieux partagées par l’opinion. Sondage après sondage, les Français – à l’unisson des opinions des grandes démocraties – déclarent ne pas se sentir « représentés » par leurs hommes politiques et les partis politiques sont la dernière institution en laquelle ils ont confiance [ Le baromètre de la confiance politique du Cevipof montre depuis 2010 qu’environ 85% des Français considèrent que les « responsables politiques se préoccupent peu ou pas de ce que pensent les gens ». On constate que même dans le monde du travail, les français font plus confiance à leur pouvoir individuel de négociation qu’a une délégation à une institution y compris et surtout à la représentation syndicale : Sondage loi El Khomry Scan research – Le Terrain mars 2016.

  • Une nouvelle culture de la politique

Par sa radicalité même, Nuit Debout pousse à l’extrême les contradictions qui animent cette « crise du politique »: Elle en rend les enjeux plus visibles.

Les participants de Nuit Debout, conjuguent cinq traits significatifs de l’époque.

En premier lieu, leur culture politique ne s’est pas formée dans « l’horizon indépassable » des grands affrontements idéologiques d’avant 1989. Les valeurs de Gauche et Droite, pour ne prendre que ces deux catégories, n’ont pas à leurs yeux la dimension historique qui était la leur avant la chute du mur de Berlin.

Le second trait est qu’ils tiennent la jouissance des grandes libertés publiques de s’exprimer, de se déplacer, de voter régulièrement, comme allant de soi, au même titre que l’air qu’on respire.

Ils ont également une habitude de l’opulence qui leur font considérer comme « naturelle » une offre de biens et de service (disposer d’Internet, s’habiller pour pas cher, se déplacer rapidement, etc.) qui est en fait le résultat d’une évolution de long terme et du travail des entreprises.

En quatrième lieu, leur jugement s’est formé dans l’horizon de la pop culture et de l’individualisme consumériste, pour qui tous les choix sont légitimes dès lors que le consommateur s’y retrouve.

Enfin, et surtout, les participants de Nuit Debout sont pour l’essentiel des Digital Natives ; nés et élevés avec l’Internet.

Le problème est que tous ces traits ne sont pas spontanément cohérents ; c’est d’ailleurs pourquoi, il y a crise. Chacun veut bénéficier des avantages de la vie en société (des prestations sociales, des marchés opulents, des récits identitaires), et dans le même temps chaque individu considère son égoïsme comme légitime et attend de tous les autres la même attention qu’il se porte à lui-même. C’est au cœur de cette contradiction que s’est installée Nuit Debout et la question qu’elle pose : comment trouver une forme d’association, au sein de laquelle l’individu n’abandonnerait rien de sa souveraineté.

  • Nuit Debout entre Facebook et pirates

L’équation a longtemps été considérée comme insoluble sinon dans les rêveries des utopies pirates et des Zones Autonomes Temporaires. L’homme étant par nature un animal grégaire sinon politique, c’est l’individu qui a du rogner sur ses prérogatives pour que la société soit possible.  Internet a apporté un élément nouveau dans cette question. Il a montré, d’abord sur un plan ludique et esthétique avec les raves et les flash mobs, puis dans un registre plus « sérieux » avec des mobilisations telles que Occupy Wall street, la place Syntagma à Athènes, ou les Indignés de la Puerta del Sol à Madrid que des communautés d’individus absolument souverains pouvaient exister en acte, fut-ce de manière limitée dans l’espace et dans le temps.

Il ne faut donc pas être surpris si les assemblées générales de Nuit Debout ressemblent étrangement aux pages de Facebook. C’est même leur principal intérêt. Sur une page de Facebook, les posts se succèdent sans véritable unité thématique : les photos de vacances alternent avec les aphorismes exprimant l’humeur de la journée, une vidéo de la gifle de Joey Starr à un animateur de télévision côtoie une photo de chat ou de bébé ou un lien vers un article sur le naufrage de plusieurs centaines de réfugiés en Méditerranée. L’unité de la page n’est pas dans son contenu mais dans la liste des amis  à qui elle est ouverte ; chacun pouvant y écrire ce qu’il souhaite, selon son humeur et ses moyens.

A Nuit Debout les discours se succèdent selon une logique analogue, sans trop se soucier de devoir s’articuler entre eux. Tel viendra expliquer que le travail salarié est un esclavage qui verra bientôt sa fin. Un autre le suit pour révéler que notre esprit et notre sensibilité sont étourdis par le matraquage publicitaire. Un autre encore vient dénoncer le coup d’état silencieux que l’impérialisme ourdit au Brésil. Un poète déclame quelques vers. Un membre de la « commission communication » annonce que cette dernière s’est réunie, et qu’elle se réunira encore. Chacun peut intervenir, il suffit de demander la parole auprès de la jeune femme qui tient à jour la liste des orateurs pour l’obtenir ; tout comme sur Facebook, où il suffit d’ouvrir un compte. Dans les deux cas, l’individu est souverain et ne s’autorise que de lui même pour parler, aucune forme d’autorité ne vient filtrer l’accès à l’expression publique.

Les messages ne sont pas toujours d’une profondeur abyssale, mais, au delà de la raillerie, il faut entendre dans ce libre déballage de l’expression le désir, longtemps frustré, de se faire voir et entendre en tant qu’individu ; d’échapper à l’anonymat auquel les institutions condamnent nécessairement leurs membres en même temps qu’elles les représentent. C’est ce même désir qu’on peut entendre sur Facebook et place de la République.

  • « L’impensé » de Nuit Debout

Nuit Debout comme l’Internet semblent administrer par l’exemple, la preuve de la possibilité d’une forme d’association dans laquelle les individus subsistent dans leur individualité singulière sans se fondre et s’aliéner dans l’abstraction d’une identité collective.

Il y a certes une part d’illusion sinon de naïveté chez Nuit Debout à se penser comme une communauté qui aurait éclos par génération spontanée dans le territoire urbain. Cette illusion est cousine de la religion de la gratuité de bon nombre d’Internautes. Les uns comme les autres imaginent que le réseau Internet et la place de la République sont en quelque sorte tombés du ciel et se maintiennent à l’existence par une magie qui exclue le travail. Mais Internet c’est aussi des câbles, des connecteurs, des logiciels, et des entreprises pour les construire et les entretenir. De même, pour que Nuit Debout vienne occuper la place de la République, il aura fallu que celle-ci soit conçue et bâtie comme un lieu ouvert à une multiplicité d’usages : depuis le skate board, jusqu’à l’assemblée citoyenne en passant par la commémoration des victimes du terrorisme et la distribution de soupe populaire (ce que ne permet matériellement aucune autre des grandes places de Paris). Et pour que Nuit debout persiste chaque jour dans son éternel mois de mars, il faut également que chaque matin d’avril les services municipaux assurent le nettoyage et la réparation du lieu.

L’Île de la Tortue et les autres repaires de pirates étaient véritablement à l’écart des cartes et des routes de navigation officielles, Nuit Debout n’est possible que parce que la ville moderne l’a rendue possible et l’autorise

  • Réinventer la fraternité

Cette cécité relative de Nuit Debout sur elle-même est la raison pour laquelle elle n’est probablement pas la solution au problème qu’elle pose. Elle en reste un excellent symptôme. Ce que cherche Nuit Debout (et l’époque avec elle), c’est une forme d’association qui assure à chacun le bénéfice de la prospérité produite par les sociétés ouvertes, et dans laquelle chacun obtienne cependant la reconnaissance de tous et le respect de son identité irréductible. Cette reconnaissance, ce respect bienveillant, qu’on doit a priori à chaque individu en tant qu’individu est peut-être, aux côtés de la liberté et de l’égalité, le contenu de la troisième – et la plus négligée – des promesses de la république : la Fraternité.

Gilles Achache
Président de Scan-research
Dernier ouvrage paru : Le complexe d’Arlequin (Grasset 2010)

Episode 1 et 2


Après les attentats de novembre à Paris, on pouvait s’attendre à trouver les Français désemparés en les interrogeant sur leurs peurs. C’est en réalité une opinion certes consciente des menaces mais très maîtresse d’elle même que décrit notre enquête sur les peurs des Français.

  • Une augmentation mesurée du niveau de peur.

Entre septembre et décembre 2015, le sentiment de peur a augmenté, comme on pouvait s’y attendre au regard de ce que fut l’actualité, et la tonalité globalement anxiogène des médias. Cette augmentation reste cependant mesurée, puisque l’on passe d’une « note de peur » moyenne de 5,87 sur 10 (voir méthodologie p.25) en septembre à 6,07 en décembre, soit une variation modérée qui ne s’apparente en rien à un mouvement de panique.

  • Des Français plus conscients des menaces à long terme, que des risques ponctuels auxquels ils sont confrontés.

La principale peur des Français est la pollution des mers et des océans, et non les attentats terroristes, bien que celle dernière ait, comme on pouvait s’y attendre, fortement augmenté au cours des derniers mois. D’une manière générale les peurs liées à la dégradation de « l’environnement et de la nature », ainsi que celles concernant la dégradation de « l’environnement économique et social » sont plus intenses que celles qui concernent la sécurité.

On peut indiquer deux raisons à cette hiérarchisation des peurs.

  • La Conférence sur le climat (COP 21) aura finalement plus marqué les esprits que les attentats du Bataclan. Cela n’est probablement pas à imputer à une meilleure couverture de la COP 21 par les médias. Les attentats du 13 novembre ont été conçus par leurs auteurs pour être un événement médiatique et frapper l’opinion autant que les victimes. Et à cet égard ils ont atteint leur objectif, puisqu’ils ont été, et à juste titre, l’information principale traitée par les médias pendant plusieurs semaines. Mais malgré l’horreur de l’événement et la pression médiatique qui l’a accompagné, les thèmes évoqués lors de la COP 21 ont mieux résonné avec les attitudes profondes des Français.
  • Une opinion plutôt rationnelle sur laquelle l’agenda des médias n’exerce qu’une influence modérée.

Les menaces sur l’environnement et celles dont est porteuse la situation économique sont certaines : ce sont des menaces dont il est difficile de se prémunir par un comportement individuel et qui pèsent sur la collectivité en tant que telle. Inversement, même si les terroristes visent notre société dans son ensemble la probabilité que chacun d’entre nous soit victime d’un attentat reste inférieure à celle de subir un accident de la route ; risque dont nous nous accommodons fort bien.

Si les terroristes voulaient terroriser la France, il semble qu’ils aient pour l’instant plutôt raté leur coup. On constate une nouvelle fois que les sociétés ouvertes et développées, avec leur désordre et leur nonchalance apparente, sont bien plus solides et résistantes que ne le pensent leurs ennemis.

Le blog SCAN-RESEARCH / LE TERRAIN


LE TERRAIN et SCAN RESEARCH s’associe pour vous proposer ce travail de recherche initié au deuxième semestre 2015. Cette étude mesure le niveau de peur des français face à plus de 60 menaces (environnementales, économiques, sociales…) qui pèsent sur notre société. Cette première observation a permis d’identifier 4 profils sociologiques de concitoyens.

Par ailleurs, nous avons mesuré l’appréciation par notre échantillon des principaux acteurs de la société (personnalités politiques, marques, médias …). Dans cette deuxième approche, nous avons comparé cette appréciation avec les profils sociologiques des concitoyens étudiés.

A partir de cette analyse, nous pouvons pour chaque acteur dresser le profil de la population la plus proche ou la plus éloignée de celui-ci selon sa perception des risques sociétaux.

Dans le même esprit, nous pouvons mesurer des opinions, des initiatives, des réformes.

Découvrez la synthèse des deux premiers épisodes de l’étude Même pas peur ! en cliquant ici.

Vous souhaitez accéder à l’intégralité des résultats ? Nous vous proposons une offre spéciale early Bird. Pour 2500 euros (au lieu de 3000 euros) vous pourrez bénéficier, en avant première, des résultats de l’épisode 3 qui seront disponibles à la fin du mois de mars.

Afin de répondre à vos attentes, nous vous donnons également l’opportunité de personnaliser cette étude et de choisir certains des acteurs sociétaux testés.

Pour toute information supplémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.